Je vous incite à lire les courriers joints relatifs à l'Aéroport International de Strasbourg. Il s'agit d'un échange entre un Strasbourgeois convaincu du maintien de la plate-forme dans notre agglomération et moi-même.
Excellente lecture.
Monsieur P. H
67 000 Strasbourg
Objet : situation économique de l’aéroport international de Strasbourg-Entzheim
Madame, Monsieur,
Si je me permets de vous écrire aujourd'hui, c'est parce qu'en tant que citoyen strabourgeois et passionné de voyages, je me sens concerné par l'avenir de notre aéroport.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes, le nombre de personnes à Strasbourg est en chute libre depuis plusieurs années tandis que ceux de Baie-Mulhouse et de Baden-Baden gagnent des passagers chaque année. La raison, connue de tous, est les compagnies low-cost et leurs prix défiant les grandes compagnies nationales. Malheureusement, Strasbourg a loupé le train des low-cost et tout le monde garde en tête l'épisode Ryanair qui a vu fuir la compagnie irlandaise de l'autre caté du Rhin.
En faisant des recherches, j'ai découvert que les subventions publiques dont a bénéficié la compagnie sont monnaie courante dans d'autres régions françaises. Mais alors, pourquoi Air France-Brit Air l'a traîné en justice?
Ce qu'il manque à notre aéroport est une image plus jeune, plus accessible et ce, tout au long de l'année. Si vous lancez une étude, vous verrez que les jeunes et la classe moyenne voit Entzheim comme un aéroport d'affaires et qui ne leur sert uniquement à prendre leurs charters pour partir au soleil. Les chiffres du TGV explosent vers Paris et la Province
Quant à l'implantation de nouvelles compagnies préconisée par le Livre Blanc et le Rapport Économique du CESA, ne pourrait-on pas se tourner vers Germanwings? Omniprésente en Allemagne, elle ne peut que se développer dans l'Eurodistrict car elle ne se trouve ni à Karlsruhe, ni à Baie et encore moins à Francfort. En France, on ne la trouve que dans des villes du Sud. De même, pourquoi ne pas organiser un référendum sur le net quand aux nouvelles destinations attendues par les clients? De nombreuses possibilités s'ouvrent vers Montpellier, Londres, Bruxelles, Stockholm et même Berlin.
Il est temps de prendre nos responsabilités quant à l'aéroport. Depuis qu'il est en danger, je délaisse le TGV au profit des liaisons SXB-CDG ou ORY. Le prix pour un jeune est parfois moins cher en avion qu'en TGV, il est temps de faire plus de pub. L'aéroport bénéficie d'une toute nouvelle gare, il est vraiment temps qu'elle se développe.
Dans l'attente de votre réponse, veuillez agréer mes plus chaleureuses salutations.
P. H.
Réponse de Jean-Louis Hoerlé, Président de la CCI
Strasbourg, le 24 août 2009
Monsieur,
Je vous remercie pour votre courrier et pour l'intérêt que vous manifestez à l'égard de la situation de notre aéroport. Nous sommes en effet confrontés à une importante chute de trafic, entamée avec la mise en service du TGV en juin 2007, et accentuée avec la crise économique.
Vous évoquez tout d'abord les compagnies low cost. La stratégie de ces compagnies consiste à s'implanter sur les aéroports ayant le niveau de taxes le plus faible. Dans notre secteur géographique, il était relativement simple et de bonne guerre pour les compagnies low cost de comparer les coûts sur les différents aéroports du bassin rhénan, ceux-ci étant proches les uns des autres, avec pour chacun une législation différente. Baden/Karlsruhe a hérité de Ryanair suite à une action en justice déposée par Air France à Strasbourg en raison de subventions non conformes aux règles européennes, elle y a construit son fond de commerce en bénéficiant de la taxation plus favorable en Allemagne. EasyJet, autre grand opérateur low cost, s'est engouffrée à Bâle (et Genève) dans le marché suisse en 2004 après la déconfiture du groupe Swissair, tout en bénéficiant de taxes plus faibles en Suisse qu'en France. Cela n'empêche évidemment pas ces deux compagnies de travailler sur notre marché régional.
Les autres aéroports français, qui sont dans le même régime de taxes que Strasbourg, compensent cet écart de taxes par des subventions, car bien que se réclamant de l'ultra libéralisme les compagnies low cost ne pourraient pas atteindre leur équilibre financier sans l'aide de subventions publiques. Ces subventions sont fortement encadrées par la Communauté Européenne
Je vous rejoins dans l'idée de travailler avec Air France pour dynamiser notre offre et les prix proposés. C'est d'ailleurs dans ce sens, qu'en tant que Président de la CCI
Nous avons évoqué ce problème de tarifs trop élevés et nous espérons voire les effets de nos décisions rapidement. Air France privilégie effectivement le segment affaires, lequel lui fait défaut aujourd'hui en raison de la crise économique et de la réduction des déplacements dans les entreprises. Elle va devoir revoir son modèle économique notamment sa politique tarifaire et nous avons de bons espoirs qu'il y aura sur ce plan des changements.
Vous évoquez la compagnie Germanwings et précisez qu'elle est absente de Karlsruhe-Baden et de Bâle-Mulhouse. C'est tout à fait juste, mais cette compagnie est fortement implantée à Stuttgart, plate-forme sur laquelle elle a établi une base. Stuttgart est aussi concurrent pour notre aéroport. Nous avons déjà rencontré et sollicité des responsables de cette compagnie mais elle nous répond que Strasbourg est trop proche de Stuttgart, et n'entre pas dans leur stratégie qui est de privilégier des dessertes depuis leurs points d'appui en Allemagne (Stuttgart -Cologne -Hambourg-Berlin -Munich etc ... ) pour desservir l'Allemagne et pour transporter des passagers allemands vers des lieux de vacances, d'où les dessertes vers le sud que vous mentionnez. Sur un plan opérationnel une compagnie low cost travaille toujours de/vers sa base. On ne pourrait, par exemple, pas opérer une desserte Strasbourg-Barcelone avec German Wings, ou une desserte Strasbourg-Montpellier avec Ryanair ou EasyJet car ni l'une ni l'autre n'ont de base ni à Montpellier, ni à Strasbourg. Il est logique que Germanwings, étant une filiale low cost de Lufthansa, ne soit pas à Francfort. Elle n'ira pas concurrencer la maison mère Lufthansa sur son hub principal.
Je tiens à vous remercier pour votre soutien en privilégiant l'avion par rapport au TGV lors de vos déplacements vers Paris. Votre analyse est bonne: l'avion est parfois moins cher que le TGV, et Air France peut aussi proposer des tarifs TTC tout à fait compétitifs par rapport aux low cost qu'il faut aller chercher à plusieurs dizaines de kilomètres. Nous souhaitons que les Strasbourgeois et autres passagers de la zone de chalandise aient le réflexe de penser à l'Aéroport de Strasbourg avant de penser à une solution alternative moins confortable qu'un départ de leur aéroport de proximité, et au final souvent plus chère si on y ajoute tous les frais complémentaires (frais de paiement par carte, taxation des bagages, frais d'enregistrement etc ... ) et les coûts induits (trajet, essence, fatigue etc ... ).
En vous réitérant ma reconnaissance pour votre soutien, recevez, Monsieur, me salutations les plus distinguées.
Jean-Louis Hoerlé
Président
Je travaille a Londres, dans la City, et rentre regulierement dans ma famille a Haguenau.
La solution d'Air France entre l'aeroport de London City et Strasbourg pourrait etre interessante... si elle etait proposee a des tarifs abordables pour des particuliers. Malheureusement, la liaison est axee affaires.
Karlsruhe-Baden est a peu pres a 40 minutes d'Haguenau (id. pour Entzheim). Le choix est vite fait.
Rédigé par: Alex | 27/08/2009 à 11:17